Énergies renouvelables et nucléaire en France : une analyse écologique, économique et sociale pour mieux comprendre les enjeux

Julien Lagarde • 26 août 2025

This is a subtitle for your new post

Le débat énergétique français est trop souvent dominé par une approche idéologique, où l’écologie politique promeut massivement l’éolien et le solaire, en occultant leurs limites structurelles. Or, les données sont claires : selon RTE et l’ADEME, le solaire et l’éolien présentent des facteurs de charge faibles (15 % pour le photovoltaïque, 25 % pour l’éolien terrestre), nécessitent un renforcement massif des réseaux et des moyens de compensation, générant ainsi des surcoûts pouvant atteindre 40 à 75 €/MWh . À cela s’ajoute une dépendance stratégique à la Chine pour plus de 80 % de la production mondiale de panneaux solaires, produite à partir d’un mix électrique carboné. Ces réalités démontrent que ces filières ne peuvent constituer, seules, la colonne vertébrale de notre système énergétique. 
À l’inverse, le nucléaire français affiche des performances inégalées : 4 à 6 g de CO₂/kWh contre 14 g pour l’éolien et 25 à 44 g pour le solaire , une durée de vie deux à trois fois plus longue (60 ans contre 20-25 ans pour les renouvelables) et un coût de production maîtrisé autour de 53 €/MWh pour le parc existant, sans coûts système additionnels grâce à sa pilotabilité. Ces chiffres soulignent que le nucléaire constitue non seulement l’outil le plus écologique, mais aussi le plus économique et le plus souverain. 
En ce sens, la droite porte aujourd’hui une vision écologique fondée sur la rationalité et la responsabilité. Refusant l’utopie et la démagogie, elle s’appuie sur les données factuelles pour défendre une stratégie qui allie compétitivité économique, souveraineté énergétique et protection du climat. Là où certains cèdent à l’illusion d’une transition reposant exclusivement sur les renouvelables, la droite affirme que seule une combinaison équilibrée, centrée sur le nucléaire, peut réellement garantir l’avenir écologique et industriel de la France.
Pour plus de détails, nous vous invitons à lire ci dessous un comparatif très détaillé couvrant les points de vue à la fois économique, écologique et social, réalisée par notre ami Julien Lagarde de manière objective et couvrant tous les aspects de ce débat fondamental pour l'avenir de notre stratégie énergétique.
  Le bureau de LD31 (Maxime Duclos)



Énergies renouvelables et nucléaire en France : une analyse écologique,  économique et sociale 
pour mieux comprendre les enjeux 

I. Introduction 

La question de l’articulation entre nucléaire et énergies renouvelables occupe une place centrale dans  le débat public depuis l’accord conclu entre Europe Écologie-Les Verts (EELV) et le Parti Socialiste lors  de l’élection présidentielle de 2012. Cet accord prévoyait le soutien des Verts à condition que la part du  nucléaire dans la production électrique Française soit réduite à 50 %. Depuis, le sujet reste  régulièrement évoqué, mais souvent de manière partisane, sans véritable analyse objective de l’apport  respectif des différentes sources d’énergie. 

Il y a encore quelques années, défendre le nucléaire revenait à s’exposer à de vives critiques, voire à  être perçu comme insensible aux enjeux écologiques. Toutefois, l’évolution récente du contexte  énergétique, marquée par la forte hausse des prix de l’électricité (notamment du fait du mécanisme de  l’ARENH) a contribué à faire émerger de nouvelles voix en faveur du nucléaire, désormais majoritaires  dans l’opinion publique. 

Aujourd’hui, la transition énergétique Française soulève plus que jamais des débats structurants. Les  partisans des énergies renouvelables et ceux du nucléaire s’affrontent sur leurs mérites respectifs. Dans  un contexte de lutte contre le changement climatique et de recherche d’indépendance énergétique, il  apparaît indispensable d’évaluer de manière factuelle les performances de l’éolien, du solaire et du  nucléaire, tant sur le plan écologique qu’économique. 

II. Le paysage énergétique Français actuel : les données de RTE 2024 

La France se distingue en Europe par un mix énergétique dominé par le nucléaire, qui représente  encore près de 70 % de sa production électrique. Néanmoins, les énergies renouvelables connaissent  une progression soutenue : selon le bilan électrique 2024 publié par RTE, l’éolien et le solaire ont produit  70 TWh en 2024, contre 46 TWh en 2019, soit une croissance de plus de 50 % en cinq ans. 
Cette dynamique s’inscrit pleinement dans les orientations stratégiques fixées par les pouvoirs publics.  EDF prévoit une augmentation de plus de 70 % de la capacité installée en énergies renouvelables entre  2021 et 2030, pour atteindre 60 GW nets. La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe, quant  à elle, un double objectif à l’horizon 2030 : porter la part des énergies renouvelables à 33 % de la  consommation finale brute et assurer que 58 % de la consommation finale d’énergie provienne de  sources décarbonées, incluant le nucléaire. 
À l’échelle européenne, la tendance est tout aussi marquée. Fin 2024, les capacités installées en  énergies renouvelables au sein de l’Union européenne atteignaient 338 GW, en hausse de 66 GW en  un an, confirmant l’accélération du déploiement de ces technologies. 

III. Analyse écologique détaillée : des performances carbone exceptionnelles 

A. La supériorité du nucléaire Français en matière d'émissions 
Sur le plan des émissions de CO₂, le parc nucléaire Français affiche des performances inégalées à  l’échelle mondiale. Selon une analyse du cycle de vie menée par EDF, chaque kilowattheure produit en  France par le nucléaire n’émet en moyenne que 4 g de CO₂, faisant de cette technologie la plus  décarbonée au monde. 
Cette excellence est corroborée par la Base Carbone de l’ADEME, qui chiffre les émissions à 6 g de  CO₂/kWh pour le nucléaire. Ce niveau reste nettement inférieur à celui des principales filières 
renouvelables : environ 14 g de CO₂/kWh pour l’éolien terrestre, et entre 25 et 44 g de CO₂/kWh pour  le solaire photovoltaïque selon l’origine de fabrication des panneaux. 
Cette différence s'explique par plusieurs facteurs : 
• Durée de vie exceptionnelle : 60 ans pour les centrales nucléaires contre 20-25 ans pour les  éoliennes et les panneaux solaires 
• Densité énergétique : Une centrale nucléaire produit sur une superficie réduite l'équivalent de  centaines de km² d'éoliennes 
• Matériaux nécessaires : Le nucléaire nécessite 40 fois moins de matériaux que l'éolien pour  produire la même quantité d'électricité 

B. Les défis cachés des renouvelables 
Contrairement aux idées reçues, les énergies renouvelables présentent plusieurs défis  environnementaux significatifs. 

1. Pour l'éolien : 
• Impact sur la biodiversité : Mortalité aviaire et perturbation des corridors migratoires • Matières premières critiques : Besoin massif de terres rares et de cuivre • Recyclage complexe : Les pales d'éoliennes, composées de matériaux composites, sont  difficilement recyclables 

2. Pour le solaire : 
• Dépendance à la Chine : 80% des panneaux produits avec un mix électrique très carboné  (charbon) 
• Matières toxiques : Utilisation de solvants et métaux lourds lors de la fabrication • Artificialisation des sols : Les centrales au sol consomment des surfaces agricoles  considérables 

C. Temps de retour énergétique 
En moyenne, une éolienne compense les émissions générées lors de sa fabrication en seulement  quelques mois d’exploitation, ce qui explique la solidité de son bilan carbone sur l’ensemble de son  cycle de vie. 

IV. Analyse économique approfondie : la révolution des coûts 

A. L'effondrement des coûts des énergies renouvelables 
Sur le plan économique, la compétitivité des énergies renouvelables s’est fortement renforcée au cours  de la dernière décennie. Selon une étude de l’ADEME publiée en décembre 2024, le coût actualisé de  production (LCOE) de l’électricité éolienne terrestre s’élevait en 2022 à 59 €/MWh pour les nouvelles  installations, contre plus de 80 €/MWh il y a dix ans. Cette évolution traduit une baisse structurelle et  continue des coûts. L’ADEME estime ainsi que les parcs mis en service entre 2015 et 2020 affichent un  coût de production en moyenne 18 % inférieur à celui de la période précédente. 
Le solaire photovoltaïque a connu une trajectoire encore plus spectaculaire. D’après le dernier rapport  de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le coût actualisé moyen pondéré  de l’électricité produite par les centrales solaires à grande échelle s’élevait en 2024 à 40 €/MWh (0,040  €/kWh), confirmant la place du solaire parmi les sources d’énergie les plus compétitives au niveau  mondial.

B. L'éolien offshore : une baisse spectaculaire 
L’éolien en mer illustre de manière exemplaire la baisse rapide des coûts de production. Lors des  premiers appels d’offres attribués en France, les tarifs garantis avoisinaient 130 €/MWh. Depuis, les  coûts ont fortement reculé : le dernier appel d’offres, portant sur le futur parc de Dunkerque, a abouti à  un prix de 44 €/MWh pour une mise en service prévue autour de 2025. 
Cette diminution de plus de 65 % en l’espace de quelques années témoigne des avancées  technologiques et des gains industriels majeurs réalisés par la filière. 

C. Le coût réel du renouvelable : au-delà du LCOE 
Si les coûts de production (LCOE) de l'éolien (59 €/MWh) et du solaire (40 €/MWh) paraissent attractifs,  le coût réel pour le système électrique est bien supérieur une fois intégrés tous les coûts  annexes : 
Coûts-système de l'intermittence : 
• Renforcement du réseau électrique : 15-25 €/MWh 
• Moyens de backup thermiques : 10-20 €/MWh 
• Stockage et équilibrage : 15-30 €/MWh 
• Total des surcoûts : 40-75 €/MWh 
Soutiens publics persistants : Le coût de soutien public à l'éolien représente encore 1€ par mois et  par foyer Français selon la CRE. Ces subventions, payées par tous les consommateurs via la CSPE,  masquent la réalité économique des renouvelables. 

D. L'avantage économique durable du nucléaire existant 
Le parc nucléaire Français, largement amorti, présente un coût de production imbattable :
• Coût marginal : 30-40 €/MWh selon EDF 
• Coût complet incluant maintenance : 53 €/MWh 
• Aucun coût système additionnel grâce à la pilotabilité 
La compétitivité économique du parc nucléaire existant génère une rente significative, qui contribue à  financer la transition énergétique tout en garantissant des prix de l’électricité attractifs pour les  consommateurs Français. 

V. L'intermittence des renouvelables : un défi systémique majeur 

A. La pilotabilité, avantage décisif du nucléaire 
Un des atouts majeurs du nucléaire Français réside dans sa pilotabilité. Contrairement aux énergies  renouvelables intermittentes, il assure une production constante et contribue au maintien de la stabilité  du réseau électrique, un facteur essentiel pour l’équilibre permanent entre production et consommation. Le facteur de charge du parc nucléaire Français dépasse 70 %, contre environ 25 % pour l’éolien  terrestre et 15 % pour le solaire photovoltaïque. En pratique, cela signifie qu’une centrale nucléaire de  1 000 MW produit chaque année trois à quatre fois plus d’électricité qu’un parc éolien de capacité  équivalente.

B. Les coûts cachés de l'intermittence qui changent la réalité 
L'intermittence de l'éolien et du solaire génère des coûts système significatifs rarement pris en compte  dans les comparaisons de prix. Ces coûts incluent : 
• Le renforcement du réseau électrique : L'intégration massive d'énergies renouvelables  nécessite des investissements considérables dans les infrastructures de transport et de  distribution pour gérer la variabilité de la production 
• Les moyens de backup : Il faut maintenir des centrales thermiques ou hydrauliques en réserve  pour compenser l'absence de vent ou de soleil 
• Le stockage d'énergie : Batteries, stations de pompage (STEP), ou hydrogène vert  représentent des investissements colossaux 
• Les coûts d'équilibrage : La gestion en temps réel des fluctuations nécessite des systèmes  sophistiqués et coûteux 
Ces coûts additionnels peuvent représenter 20 à 40 €/MWh supplémentaires selon les études, réduisant  considérablement l'avantage économique apparent des énergies renouvelables. 

VI. L'acceptabilité sociale : les défis des énergies renouvelables 

A. Impact visuel et dégradation paysagère 
L’implantation des parcs éoliens soulève des questions d’acceptabilité, en raison des effets sur la qualité  de vie des riverains. Les nuisances sonores et visuelles, y compris l’effet stroboscopique nocturne, ainsi  que certaines atteintes à l’environnement, sont fréquemment évoquées. Les éoliennes modernes,  atteignant jusqu’à 200 mètres de hauteur – soit plus que la tour Montparnasse – génèrent un impact  visuel significatif sur plusieurs kilomètres. 
Cette dimension esthétique et patrimoniale fait l’objet d’un examen attentif de la part des riverains et  des autorités Françaises, posant des questions légitimes sur la préservation des paysages ruraux et du  patrimoine culturel. 

B. Dépréciation immobilière 
À cela s'ajoute la baisse de valeur des biens immobiliers situés à proximité des parcs éoliens. Cette  dépréciation, documentée par plusieurs études notariales, peut atteindre 10 à 30% de la valeur initiale  selon la distance aux éoliennes. 

C. Nuisances pour les populations rurales 
Les populations rurales subissent de manière disproportionnée les nuisances liées au développement  éolien : 
• Nuisances sonores continues (45 à 50 dB la nuit) 
• Effet stroboscopique des pales en rotation 
• Détérioration des chemins ruraux par le transport de matériel lourd 
• Artificialisation de zones agricoles 
Le nucléaire, concentré sur quelques sites, évite cette dispersion des nuisances sur l'ensemble du  territoire rural.

VII. Les scénarios prospectifs de RTE : vers une complémentarité 

RTE, gestionnaire du réseau de transport électrique Français, a étudié plusieurs scénarios visant la  neutralité carbone à l’horizon 2050. Pour atteindre cet objectif, il est essentiel de maximiser la production  d’électricité décarbonée, en particulier d’ici 2030. Selon ces modélisations, un mix associant énergies  renouvelables et nucléaire apparaît comme la solution la plus efficace pour réduire de 55 % les  émissions de gaz à effet de serre de la France à cette échéance. 
Cette analyse officielle souligne l’urgence de définir dès maintenant des orientations stratégiques  cohérentes et confirme que ces technologies doivent être considérées comme complémentaires plutôt  que comme opposées. 

VIII. Impact macroéconomique et acceptabilité sociale 

Au-delà des coûts de production, il convient de considérer l'impact sur les ménages Français. On estime  à 1€ par mois par foyer, le coût de l'énergie éolienne pour les Français et ce, en 2016. C'est le coût  annuel du soutien à l'éolien pour un ménage consommant 2,5 MWh par an, selon la CRE. Ce coût de  soutien public tend à diminuer avec la baisse des coûts de production. 

A. Défis technologiques et industriels 
1. Pour les énergies renouvelables 
D'après les projections, ces montants pourraient aussi être divisés par deux d'ici 2050 pour les coûts  de maintenance de l'éolien, illustrant les perspectives d'amélioration continue. L'enjeu principal reste le  développement d'une industrie européenne compétitive face à la concurrence asiatique,  particulièrement pour le solaire. 
2. Pour le nucléaire 
Le défi du nucléaire Français réside dans la capacité à maintenir l'excellence technique tout en  maîtrisant les coûts des nouvelles générations de réacteurs. Les projets de petits réacteurs modulaires  (SMR) et l'optimisation des processus de construction constituent les principales pistes d'amélioration. 

B. Vers une stratégie énergétique intégrée 
L'analyse des données récentes montre que l'opposition frontale entre nucléaire et énergies  renouvelables apparaît de plus en plus dépassée. Au global, l'énergie éolienne terrestre est la filière  renouvelable la plus compétitive économiquement, tandis que le nucléaire existant reste un atout  précieux pour la stabilité du réseau et la décarbonation. 
La stratégie Française semble s'orienter vers un mix diversifié exploitant les avantages de chaque  technologie : la stabilité et la puissance du nucléaire pour la base de production, complétées par le  développement massif des énergies renouvelables pour répondre à la croissance de la demande  électrique et au remplacement progressif des énergies fossiles. 

IX. Conclusion : le nucléaire, pilier indispensable de la transition énergétique Française 

L’analyse des données 2024 confirme que le nucléaire français conserve des atouts déterminants face  aux énergies renouvelables. Avec des émissions limitées à 4 à 6 g de CO₂ par kWh, il affiche les  meilleures performances carbone au monde, surpassant l’éolien terrestre (14 g CO₂/kWh) et le solaire  photovoltaïque (25 à 44 g CO₂/kWh). 
Les atouts du nucléaire sont multiples : 
• Pilotabilité totale : Production stable 24h/24, 365 jours par an 
• Facteur de charge supérieur : 70% contre 25% pour l'éolien et 15% pour le solaire • Emprise territoriale minimale : Une centrale remplace des centaines de km² d'éoliennes
• Durée de vie exceptionnelle : 60 ans contre 20-25 ans pour les installations renouvelables • Acceptabilité sociale : Concentration sur quelques sites évitant la dispersion des nuisances 
Les défis persistants des renouvelables : 
• Intermittence : Coûts système de 20 à 40 €/MWh supplémentaires 
• Impact paysager : Dégradation des paysages ruraux et dépréciation immobilière • Dépendance technologique : 80% du solaire produit en Chine avec un mix carboné • Matières critiques : Besoin massif de terres rares et métaux stratégiques 
Si les énergies renouvelables peuvent jouer un rôle complémentaire, le nucléaire demeure le pilier  central d’une stratégie énergétique efficace pour la France. Il convient de prioriser le renouvellement et  l’extension du parc nucléaire, qui constitue un atout concurrentiel unique face aux défis climatiques. 
Maintenir une prédominance nucléaire, tout en développant de manière ciblée les renouvelables là où  elles apportent une réelle valeur ajoutée, apparaît comme la stratégie la plus rationnelle pour concilier  les impératifs climatiques, économiques et d’acceptabilité sociale. 
La France dispose avec son parc nucléaire d’un avantage industriel et environnemental considérable,  qu’il serait contre‑productif de compromettre au profit d’une vision exclusivement renouvelable,  déconnectée des réalités techniques et économiques du système électrique. 

Sources principales :
• RTE (Réseau de Transport d'Électricité) - Bilans électriques 2023 et 2024 
• ADEME (Agence de la Transition Écologique) - Base Carbone et études de coûts 2024 • EDF - Analyse du cycle de vie du kWh nucléaire 
• EDF - "Produire une énergie respectueuse du climat" (2025) - Objectifs 60 GW renouvelables  2030 
• IRENA (Agence Internationale pour les Énergies Renouvelables) - Rapport mondial des coûts  2024 
• Commission de Régulation de l'Énergie (CRE) - Rapports sur les coûts des énergies  renouvelables 
• Ministère de la Transition Écologique - Chiffres clés des énergies renouvelables 2024

par Alain Weber sur X 9 août 2026
Un post d’Alain Weber publié sur X, dont nous partageons pleinement l’analyse et les conclusions à propos de ce que nous considérons comme la lie du paysage politique actuel : Gabriel Attal et Dominique de Villepin : https://x.com/alainpaulweber/status/2084392385279041632 "Je ne supporte pas Gabriel Attal. Cette agitation perpétuelle, cette manie de confondre vitesse et profondeur, cette autorité sous tension qui tient plus du réflexe que de la pensée, tout sonne faux, forcé, surjoué. Mais voir Dominique de Villepin monter en chaire pour lui faire la morale relève du théâtre de grand Guignol. D’un côté, Attal : l’énergie sans cap, la fermeté d’affiche, le volontarisme d’apparat. Ça gesticule, ça simplifie, ça promet avec la vitesse et la force de quelqu’un qui sait qu’il ne tiendra pas ses engagements. Une politique à l’adrénaline, où l’effet remplace l’idée. De l’autre, Villepin : la voix grave, le verbe ample, la posture impeccable. Il parle comme on déclame, avec cette assurance tranquille de ceux qui se regardent penser. Mais à force de hauteur, il par perdre tout contact avec la réalité et finit par flotter dans son immensité intellectuelle… L’un s’excite, l’autre se contemple. L’un fait du bruit, l’autre fait de l’écho. Et puis il y a ce double jeu à peine dissimulé : Dominique de Villepin, devenu tribun d’une gauche immigrationiste, sur ordre du Qatar , et Gabriel Attal, socialiste pressé qui voudrait faire croire qu’il est de droite. Deux trajectoires, deux discours, un même parfum d’imposture. Bref, deux calamités. Deux profils qui devraient se tenir extrêmement loin du pouvoir si l’on veut laisser à ce pays une chance de s’en sortir." 
par Dominique Reynié dans FigaroVox 9 août 2026
"L’écologisme est en contradiction avec la marche d’un monde avide de croissance comme avec la volonté des Français de maintenir leur niveau de vie et de l’accroître si possible" Longue interview de Dominique Reynié par Alexandre Devecchio dans FigaroVox https://www.lefigaro.fr/politique/dominique-reynie-l-ete-2026-aura-montre-que-l-ecologisme-est-devenu-l-ennemi-de-l-ecologie-20260802 LE FIGARO. - Selon beaucoup d’observateurs, les incendies ne relèvent pas seulement de la catastrophe naturelle, ils sont aussi le résultat de choix politiques liés à une certaine écologie. Les militants écologistes ont ainsi lutté pendant des années contre le débroussaillement, la gestion forestière ou encore les retenues d’eau… Peut-on parler de catastrophe politique ? DOMINIQUE REYNIÉ. - Je le crois. Il faut que nous apprenions à distinguer entre, d’une part, l’écologie , qui désigne à la fois une science et une préoccupation pour l’environnement, pour le vivant, pour sa fragilité et, d’autre part, l’écologisme, qui est une idéologie construite et mobilisée pour servir un projet de conquête du pouvoir. On comprend aisément que le réchauffement climatique favorise la propagation des incendies . Mais la catastrophe que nous vivons est en effet le résultat d’une détermination politique particulière, celle de l’influence pernicieuse de l’écologisme sur l’action publique. Dès les premiers incendies, les chaînes d’information continue accueillaient des intervenants établissant explicitement une relation directe de cause à effet entre le réchauffement climatique et les incendies, comme si le feu avait pris spontanément, dans une atmosphère surchauffée. On a vu des représentants d’Oxfam - qui se définit comme « une association de solidarité internationale qui lutte contre la pauvreté, les inégalités et le changement climatique » - expliquant les incendies par le réchauffement climatique, et mettant aussitôt en cause nos modes de vie, la croissance économique, les entreprises, le « capitalisme », etc. Il aura fallu un peu de temps avant de commencer à discuter des défaillances des politiques publiques, des investissements insuffisants ou trop souvent différés, des causes des départs de feu. À lire aussi Climatisation, incendies, nucléaire… L’été dantesque consacre la défaite de l’écologisme politique Surveiller les forêts, perfectionner les outils pour les combattre, sanctionner les comportements imprudents, punir les actes coupables, etc., tout cela dépend d’une stratégie, d’une organisation, de moyens financiers, humains et techniques, c’est-à-dire d’une bonne politique, mais c’est celle à laquelle les écologistes n’ont cessé de s’opposer, aidés d’ailleurs en cela par LFI. Les tragiques incendies de l’été 2026 nous montrent, pour la première fois, qu’une catastrophe écologique n’est pas seulement l’effet du climat ou de la globalisation économique, mais aussi de l’influence de l’écologisme, qui abuse d’images évidemment impressionnantes sans laisser suffisamment de place à des argumentations rigoureuses. Le discours écologiste est tellement pesant et anxiogène qu’on en est arrivés à inventer le terme d’écoanxiété pour caractériser cette angoisse dont les dégâts produits sur l’opinion publique, en particulier sur les nouvelles générations, sont considérables. Ne leur répète-t-on pas, finalement, que vivre est un cauchemar, voire une faute et que la nature serait victime de l’humanité ? Depuis les années 1970, les écologistes ont gagné en notoriété grâce à une politisation extrême des problèmes environnementaux De l’affaiblissement de notre filière nucléaire aux incendies, en passant par notre retard en matière de climatisation dans un contexte de réchauffement climatique, sommes-nous en train de payer les conséquences de l’influence politique de cet écologisme ? Rappelons de quoi est fait cet écologisme. Il est hostile à la croissance économique, aux entreprises, à l’innovation, souvent aux progrès scientifiques, à ce qui est la source de la plupart des solutions politiques aux grands problèmes que rencontre le monde. Les écologistes ont avec l’écologie la même relation que le RN avec l’immigration : c’est un enjeu existentiel ; c’est leur raison d’être. Pour les écologistes comme pour le RN, un monde de solutions est un monde où ils n’ont plus leur place. Depuis les années 1970, les écologistes ont gagné en notoriété grâce à une politisation extrême des problèmes environnementaux, en imputant sans nuance aux États et à leurs dirigeants la responsabilité des phénomènes et des catastrophes climatiques. Les voici aujourd’hui à leur tour désignés parmi les responsables de cette catastrophe. L’été 2026 aura établi aux yeux de tous que, en fait, cet écologisme peut être l’ennemi de l’écologie. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’est montrée hostile à l’extension de la climatisation avant de menacer de démissionner à la suite de l’adoption de la loi d’urgence agricole. Que cela révèle-t-il ? Les partis de centre gauche et de centre droit se laissent-ils trop souvent intimider par l’écologisme radical ? Assurément. Le principal problème posé par l’écologisme est politique et, plus précisément, démocratique. L’écologisme est parvenu à prendre le pouvoir sans avoir réussi à convaincre les électeurs. Ainsi, face au dérèglement climatique, qui aurait dû les avantager, les écologistes ont choisi de répondre non par le marché, la société civile, la créativité, l’initiative et l’innovation, mais par le projet démesuré de « sauver la planète » grâce à une « transition écologique » conçue et conduite depuis Bruxelles, pour l’Union européenne, et depuis Paris pour la France. Ces idées relèvent d’une conception suradministrée des affaires publiques. Le résultat est le déploiement d’un régime de réglementations, d’autorisations, de contrôles et de surveillances de plus en plus étroit, intrusif et sévère, sans égard pour les libertés individuelles, et d’ailleurs sans effet sur le réchauffement climatique. Cet écologisme par les normes, cet écologisme bureaucratique, s’est non seulement mis en place sans avoir eu besoin de l’assentiment des électeurs, mais aussi sans les en avoir informés, de même qu’ils ne furent pas informés, entre 1997 et 2017, du quasi-abandon de notre filière nucléaire, qui constitue pourtant notre plus grand atout industriel, ainsi que notre meilleure réponse aux défis de la souveraineté énergétique et du réchauffement climatique. En ce sens, on peut considérer le mouvement des « gilets jaunes » comme un premier coup d’arrêt populaire imposé à l’idéologie écologiste, un coup d’arrêt d’ailleurs opéré selon une méthode manifestante et non électorale, comme s’il s’agissait, pour les « gilets jaunes », de répondre à l’écologisme avec ses mêmes méthodes de blocages protestataires et de confrontations violentes. Je dirais que l’écologisme est en train de perdre la bataille législative et gouvernementale Le virage pronucléaire d’Emmanuel Macron a-t-il été un tournant ? L’écologisme radical est-il en train de perdre la bataille culturelle ? Je dirais que l’écologisme est en train de perdre la bataille législative et gouvernementale. Cependant, la récusation électorale de l’écologisme n’empêche pas sa domination culturelle. On le voit à travers l’extraordinaire bienveillance du monde médiatique, qui est l’un des grands privilèges concédés à cette idéologie. On le voit aussi dans l’omniprésence du discours écologiste partisan, de fait institutionnalisé. On songe à ce qu’Althusser appelait les « appareils idéologiques d’État » : l’école, et par l’école on atteint aussi les familles, les universités, le monde intellectuel, les médias, en particulier l’audiovisuel d’État, ou encore le monde culturel. On voit aussi de nouveaux appareils idéologiques à l’œuvre, avec les plateformes numériques, les moteurs de recherche, les IA, Wikipédia, etc., et à travers eux les métiers de la communication et du marketing, affectant le discours de nombre d’entreprises ; elles reprennent à leur compte l’écologisme en imaginant un effet bénéfique, sans toujours voir qu’elles alimentent un gauchisme culturel qui ne leur veut pas du bien. Les écologistes étaient tout de même les premiers défenseurs de l’euthanasie. Et la loi qui a été adoptée s’inscrit dans leur vision radicale. Comment expliquez-vous l’engagement des écologistes sur la question de l’euthanasie et leur victoire politique sur cette question ? C’est une autre dimension de l’impensé écologiste et une autre cause de leur déclin. Les écologistes ont insisté sur la fragilité du vivant et la vulnérabilité du monde - plus qu’aucune autre famille politique -, ils ont dénoncé les dangers du pouvoir médical, pour finalement prendre une part prépondérante à la légalisation de l’euthanasie. Au fond, l’écologisme n’a-t-il pas ainsi rompu avec ce qui est supposé être le cœur de sa doctrine, la protection du vivant, le souci de sa fragilité, la protection des plus faibles ? L’écologie et la protection de la nature demeurent des questions majeures. Le risque est-il que l’opinion publique en vienne à confondre ces enjeux avec l’écologisme radical et rejette en bloc toute forme d’écologie ? Comment réconcilier l’écologie avec la liberté, le progrès réel et la démocratie ? Il me semble que l’on ne s’y trompe pas. En effet, d’une part, les études d’opinion nous disent que les enjeux écologiques préoccupent très largement la population. D’autre part, les résultats électoraux montrent que les Français refusent fermement, et depuis toujours, d’accorder leur confiance aux écologistes. Cet écologisme dogmatique, assimilable à l’extrême gauche parce qu’il se présente comme l’ennemi juré de la croissance économique et du confort matériel, n’a jamais intéressé la majorité des électeurs. Le gauchisme est-il l’avenir de l’écologisme ? Les tenants de l’écologisme sont pris dans une relation conflictuelle, inextricable, avec la démocratie. La victoire électorale est une perspective qui leur semble inatteignable, à juste titre. Les élections ne leur seront pas favorables avant longtemps, peut-être jamais. C’est pourquoi on assiste, au sein de l’écologisme et à gauche en général, au retour d’un discours archaïque constitutif des premiers âges de la gauche, au milieu du XIX e siècle, et qui contestait la capacité de l’électeur, son indépendance, la valeur de l’élection, la représentativité des représentants élus. L’intérêt théorique bien réel de ces sujets n’interdit pas de relever que les partis qui parlent de plus en plus de « conventions citoyennes », de tirage au sort et de « démocratie participative » sont ceux auxquels les élections générales et les référendums - bref, la souveraineté électorale - ont peu de chance d’être favorables. L’écologisme est en contradiction avec la marche d’un monde avide de croissance comme avec la volonté des Français de maintenir leur niveau de vie et de l’accroître si possible Ce qui, hier, était magnifié, l’élection au suffrage universel, est aujourd’hui, à gauche, un sujet de suspicion. Si l’écologisme est parvenu à gouverner tout en étant la composante marginale de coalitions fragiles ou minoritaires, depuis une trentaine d’années jusqu’à aujourd’hui, il suscite maintenant une exaspération montante qui appelle un arbitrage démocratique. L’écologisme est en contradiction avec la marche d’un monde avide de croissance comme avec la volonté des Français de maintenir leur niveau de vie et de l’accroître si possible. Les écologistes devraient opérer un virage réformiste. Mais, différemment, ils semblent s’engager depuis quelques années sur le chemin d’une mutation de sens contraire, comme si, faute de pouvoir imaginer leur victoire électorale, ils cédaient à la tentation, en assumant leur conversion à une politique antisystème. C’est bien ce processus qui est à l’œuvre dans le rapprochement avec LFI. Il pourrait aboutir à une union lors des prochaines élections législatives de juin 2027. Mais le rapprochement avec LFI a un prix. Il implique notamment de se lier avec les mouvances antisémites et islamistes qui travaillent la gauche française et l’ensemble de la gauche européenne.
par Nicolas Pouvreau-Monti dans FigaroVox 4 août 2026
"Près de 60 000 migrants ont franchi en une seule journée la frontière qui sépare le royaume du Maroc du territoire espagnol. Cette crise révèle un enchevêtrement d’erreurs et de naïvetés cumulées, dont les leçons, comme les effets, valent pour l’Europe entière, analyse le directeur de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie."  Une tribune très éclairante de Nicolas Pouvreau-Monti (co-fondateur et directeur de l’Observatoire de l’Immigration et de la Démographie) sur les récents évènements à la frontière entre le Maroc et l'Espagne à lire dans FigaroVox : https://www.lefigaro.fr/vox/politique/nicolas-pouvreau-monti-ceuta-n-est-pas-une-anomalie-c-est-un-avertissement-20260731 Nicolas Pouvreau-Monti : « Ceuta n’est pas une anomalie, c’est un avertissement » Il aura suffi de quelques heures pour qu’une enclave de 18 kilomètres carrés devienne l’épicentre d’une crise européenne. À Ceuta, près de 60 000 migrants – majoritairement des jeunes hommes marocains – ont franchi en une journée, de manière irrégulière, la frontière qui sépare le royaume du Maroc du territoire espagnol. La ruée vers cette ville autonome n’est pas seulement le visage d’un échec policier ou sécuritaire. Elle révèle un enchevêtrement d’erreurs et de naïvetés cumulées, dont les leçons (comme les effets) valent pour l’Europe entière. À découvrir Avec son plan de régularisation des clandestins annoncé en janvier 2026, l’exécutif espagnol pensait ouvrir un dispositif concernant 500 000 personnes environ. Au 30 juin dernier : 1,2 million de dossiers avaient été déposés. Les Marocains en constituaient la deuxième nationalité la plus nombreuse. Pedro Sanchez cherche, depuis plusieurs années, à se positionner comme l’un des derniers dirigeants du monde démocratique explicitement favorables à une immigration sans contrôle. En témoignent ses interventions dans la presse internationale – comme sa tribune parue dans le New York Times en février dernier, ainsi titrée : « Je suis le premier ministre espagnol. Voici pourquoi l’Occident a besoin des migrants. » Ce faisant, Sanchez a ignoré délibérément un phénomène dont l’existence est pourtant attestée au niveau mondial : celui de « l’appel d’air » généré par ce type de décision. Tandis que l’ensemble des passages irréguliers détectés par Frontex aux frontières extérieures de l’UE a reculé de 25% l’an dernier, la seule route migratoire qui a connu une hausse notable de ses franchissements est celle de la Méditerranée occidentale – qui va, précisément, du nord du Maroc au sud de l’Espagne. La perspective de cette régularisation massive était déjà évoquée publiquement par Madrid. Cette ruée vers Ceuta met à nouveau en lumière l’extraordinaire fragilité à laquelle nous expose l’état actuel de l’espace Schengen. Un seul pays, même radicalement isolé en Europe (l’adoption récente du « règlement Retour » par le Parlement européen en témoigne), est en mesure d’imposer les conséquences de ses décisions à l’ensemble des autres États membres de la zone. Des règles dérogatoires de contrôle s’appliquent, certes, au départ des enclaves de Ceuta et Melilla vers le continent. Mais quiconque posera le pied en Andalousie entrera dans un espace de 4 millions de kilomètres carrés, où l’absence de contrôle aux frontières – non seulement pour les citoyens de l’UE, mais aussi pour les ressortissants extraeuropéens – constitue un principe solidement garanti. Des modalités de rétablissement temporaire des contrôles sont certes prévues par le droit, comme l’a rappelé le ministre Laurent Nunez pour tenter d’apaiser les craintes. Mais celles-ci se trouvent très limitées dans leur mise en œuvre concrète. Dans la foulée d’une décision de la Cour de Justice de l’Union européenne en 2023 : les décisions rapides et souveraines de « non-admission » à la frontière française, qui étaient pratiquées largement à la frontière avec l’Italie depuis 2015 (et auraient pu l’être face à l’Espagne aujourd’hui), ont chuté de 80% en un an. L’apparent relâchement des contrôles marocains qui a accompagné la ruée vers Ceuta devrait aussi déciller les yeux de nos dirigeants devant une évidence stratégique : l’arme migratoire est devenue l’un des principaux leviers de déstabilisation contre les États européens. Le « gouvernement des juges » n’est pas innocent, non plus, dans la crise déclenchée à Ceuta. Au début du mois de juillet, le Tribunal suprême espagnol a publié un arrêt rendant impossible le recours aux « refoulements immédiats » pour les clandestins arrivant par la mer. Les migrants – et, plus encore, les réseaux criminels qui les accompagnent – sont des individus rationnels, qu’il importerait de considérer enfin comme tels. Ils réagissent aux signaux et aux contre-signaux, d’ouverture ou de fermeté. Ils pèsent les opportunités avec les risques qui leur sont associés. Les messages irresponsables envoyés par des gouvernements ou des juridictions engendrent des effets concrets sur la dynamique des flux. L’apparent relâchement des contrôles marocains qui a accompagné la ruée vers Ceuta devrait aussi déciller les yeux de nos dirigeants devant une évidence stratégique : l’arme migratoire est devenue l’un des principaux leviers de déstabilisation contre les États européens. De la même façon que l’Algérie a « fait payer » la France pour le virage pro-marocain opéré par notre diplomatie en 2024, rompant toute coopération dans le domaine migratoire et facilitant les départs, le régime de Rabat n’apprécie pas le rapprochement engagé entre Madrid et Alger – ni la position du gouvernement Sanchez sur la question du Sahara occidental. Ce genre de stratégie hostile n’est pas seulement déployé au sud. En 2021, la Biélorussie d’Alexandre Loukachenko a organisé l’acheminement de milliers de migrants du Moyen-Orient jusqu’aux frontières de la Pologne et de la Lituanie, afin d’exercer une pression politique sur l’Union européenne en représailles aux sanctions occidentales. La Turquie d’Erdogan l’a fait aussi. Cet instrument de guerre hybride est d’autant plus efficace que l’Europe entretient activement sa propre vulnérabilité, par un ordre juridique qui fait de notre continent le plus ouvert à l’immigration irrégulière dans le monde. L’instrumentalisation des migrations est aussi le moyen récurrent d’une « annexion par le bas » pour des gouvernements revendiquant leur souveraineté sur des territoires où ils ne l’exercent pas. Rabat considère Ceuta et Melilla comme des territoires marocains occupés par l’Espagne : l’afflux de ses ressortissants en masse et en force est un moyen d’affirmer cette position, tout comme de préparer un basculement démographique favorable au rattachement. Ce mode opératoire est le même que celui déployé par les Comores à Mayotte, dans un objectif identique. Les crises migratoires ne sont plus seulement des défis humanitaires ; elles sont devenues des terrains de confrontation stratégique. Ceuta n’est pas une anomalie. C’est un avertissement.
par Jean-Frédéric Poisson dans VA 29 juillet 2026
Une tribune de Jean-Frédéric Poisson sur le rôle du Conseil Constitutionnel et sur les réformes possibles pour garantir l’État de droit ! https://www.valeursactuelles.com/clubvaleurs/politique/jean-frederic-poisson-pour-une-reforme-du-conseil-constitutionnel Le sentiment de défiance à l'égard des « Sages » vient de ce qu'ils donnent trop souvent l'impression de faire de la politique au lieu de dire le droit, de réduire l'espace de débat au lieu de le protéger. Par Jean-Frédéric Poisson Publié le 22 juillet 2026 à 21h00 Le Conseil constitutionnel a-t-il progressivement excédé sa fonction ? Un sentiment s’installe dans le débat public français : celui d’un Conseil constitutionnel dont le pouvoir aurait progressivement excédé sa fonction. À chaque grande loi censurée ou partiellement amputée, revient la même interrogation : le Conseil dit-il le droit ou participe-t-il désormais à la décision politique, notamment sur des sujets sensibles comme l’immigration, les retraites, la sécurité ou la crise sanitaire ? L’État de droit contre la démocratie Cette question ne peut être écartée au nom de la défense abstraite de « l’État de droit ». Il faut distinguer l’état du droit, c’est-à-dire l’ensemble des normes en vigueur, de l’ État de droit , qui désigne un régime où le pouvoir est limité, séparé et contrôlé, et où les citoyens concourent librement à la formation de la loi. Le premier relève des politiques publiques ; le second des conditions de la liberté politique. Depuis la décision de 1971 sur la liberté d’association, le Conseil a progressivement étendu son contrôle en s’appuyant sur le « bloc de constitutionnalité » : Constitution de 1958, Déclaration de 1789, Préambule de 1946, Charte de l’environnement, principes fondamentaux reconnus par les lois de la République et diverses constructions jurisprudentielles. Ce mouvement peut être vu comme un progrès pour les droits fondamentaux. Mais plus ce bloc s’élargit, plus le juge dispose d’une marge d’interprétation susceptible de l’amener à arbitrer entre plusieurs conceptions également légitimes de la liberté, de l’égalité ou de la fraternité. Il ne protège alors plus seulement le cadre du débat démocratique : il en réduit parfois l’espace. Rétablir la confiance entre le peuple et les institutions La réforme du Conseil constitutionnel devrait donc devenir un chantier majeur du rétablissement de la confiance entre le peuple et les institutions. La défiance actuelle tient aussi à l’impression que certains choix collectifs échappent désormais au suffrage et au Parlement. Une démocratie constitutionnelle a besoin de limites à la majorité ; elle a aussi besoin que ces limites soient claires, lisibles et directement rattachées à la Constitution. Plusieurs réformes sont envisageables : renforcer la motivation des décisions, revoir les modalités de nomination, exiger une compétence juridique renforcée, supprimer les anciens présidents de la République comme membres de droit, développer les règles de déontologie, publier les votes et autoriser les opinions dissidentes. Ces mesures amélioreraient la transparence sans modifier l’équilibre institutionnel. Plus profondément, il conviendrait de recentrer le contrôle de constitutionnalité sur sa finalité première : garantir l’État de droit, non orienter l’état du droit. Une révision pourrait ainsi préciser que les principes déduits de la Constitution ne peuvent justifier une censure qu’en matière de séparation des pouvoirs, de souveraineté nationale, de liberté politique, d’égalité civique, de sûreté, de légalité pénale, de garantie des droits et de régularité du suffrage, sans permettre au Conseil de substituer son appréciation à celle du législateur sur les choix de politique publique. Il ne s’agit pas d’affaiblir la Constitution, mais de rappeler qu’elle n’est pas un programme politique. Elle est la règle commune qui permet au peuple de débattre, de choisir et d’alterner. Réformer le Conseil dans cet esprit, ce serait rendre au droit constitutionnel sa véritable fonction : garantir que nul ne puisse confisquer au peuple le pouvoir de se gouverner lui-même.
par Yves d'Amecourt 28 juillet 2026
" Les grands incendies que connaît aujourd’hui la France révèlent moins une crise de la forêt qu’une crise de l’État. Ils mettent à nu une administration qui excelle à produire des normes mais peine de plus en plus à accomplir sa mission première : protéger les Français et le patrimoine dont ils ont hérité." Et si les incendies qui ravagent nos forêts chaque été n'étaient pas une fatalité climatique, mais le symptôme d'un État devenu incapable d'agir ? C'est ce que nous suggère Yves d'Amecourt dans ce magnifique texte : https://nouvellerevuepolitique.fr/yves-damecourt-quand-la-foret-brule-cest-letat-qui-se-consume/
par Jean-Philippe Delsol dans Contrepoints (IREF) 25 juillet 2026
Peut-on programmer la justice sociale comme on programme une machine ? C'est le pari d'un rapport signé par 45 économistes, dont Thomas Piketty et Gabriel Zucman, qui promet l'égalité mondiale, la sobriété heureuse et un réchauffement contenu à 1,8°C — le tout d'ici 2100. Une utopie séduisante sur le papier — mais qui a déjà un nom dans l'Histoire. "Il se trouve toujours des naïfs pour faire confiance à ces idéologues et des institutions perverties pour en propager les théories dangereuses . Ne nous lassons pas de dénoncer ces prophètes de malheur et de répéter que l’ordre spontané d’un monde libre est toujours meilleur et plus efficace." Jean. Philippe Delsol dans Contrepoints nous partage une excellente analyse des biais idéologiques de toutes ces belles idées : https://contrepoints.org/rapport-sur-la-justice-pikettyrannie-et-zucmanipulation/
par Marc Rameaux dans Causeur 19 juillet 2026
"Le relativisme hérité de Mai 68 nous pollue encore. Nous devons balayer ce conformisme par une pensée authentique. Par exemple en nous appuyant sur Aron, Crozier, Lévi-Strauss ou Girard qui, en leur temps, avaient bien vu la supercherie de cette pseudo-révolution." Une analyse passionnante de Mai 68 en s'appuyant sur les penseurs qui à l'époque avaient osé s'opposer à ce mouvement mortifère ... A lire dans Causeur : https://www.causeur.fr/mai-68-sous-le-pave-le-vide-330048
par Vincent Trémolet de Villers 17 juillet 2026
"L’Histoire retiendra qu’un pouvoir épuisé, une Assemblée de fortune, un président plus impopulaire que jamais , le premier ministre « le plus faible » de la Ve République ont conjugué cynisme, lâcheté et idéologie pour, au milieu de l’été 2026, permettre à l’État d’administrer la mort." Un édito de Vincent Trémolet de Villers dans FigaroVox https://www.lefigaro.fr/vox/politique/l-editorial-de-vincent-tremolet-de-villers-loi-sur-l-euthanasie-et-le-suicide-assiste-simulacre-democratique-et-nihilisme-d-etat-20260715 Incapable en dix ans d’améliorer la vie quotidienne des Français, Emmanuel Macron se félicitera certainement d’avoir, quarante-cinq ans après l’abolition de la peine de mort, rendu à l’État le pouvoir d’abréger l’existence. L’Histoire retiendra qu’un pouvoir épuisé, une Assemblée de fortune, un président plus impopulaire que jamais , le premier ministre « le plus faible » de la Ve République ont conjugué cynisme, lâcheté et idéologie pour, au milieu de l’été 2026, permettre à l’État d’administrer la mort. Progressisme ? On cherche en vain le progrès moral dans cet oxymore assassin : « Tuer, c’est soigner. » Pas plus de progrès médical dans cette méthode irrémédiable d’abréviation des souffrances. Encore moins de progrès social dans cet abandon de l’État-providence au profit de ce que Dominique Reynié appelle un État « validiste ». Vieillards, grands malades, nerveux, désespérés savent désormais qu’ils sont « éligibles » au « droit à mourir ». On a beau tourner la chose dans tous les sens, on se cogne comme une mouche dans un bocal : comment faire cohabiter à l’hôpital des unités de suicidologie qui luttent héroïquement pour que des personnes ne mettent pas fin à leurs jours et des structures chargées d’assister le suicide ? Devant une telle contradiction, l’esprit est pris de vertige, et ce qui fait en l’homme l’humain s’insurge. Il fallait, nous dit-on, un trophée « sociétal » pour la « legacy » du président sortant. Preuve supplémentaire que l’impuissance publique peut s’accompagner d’une immense arrogance anthropologique. Le tout dans un mélange de lyrisme, de kitsch et de légèreté. C’est Créon, mais au pays des selfies…  Incapable en dix ans d’améliorer la vie quotidienne des Français, Emmanuel Macron se félicitera certainement d’avoir, quarante-cinq ans après l’abolition de la peine de mort, rendu à l’État le pouvoir d’abréger l’existence. Où est la victoire ? Depuis la convention citoyenne pipée jusqu’à la « célébration » ministérielle annoncée avant même le vote, ce parcours législatif aura été un simulacre de délibération, une singerie démocratique. Il projette sur la fin de ce quinquennat un nihilisme d’État. Cela ne suffira pas, pourtant, à décourager ceux qui, dans la prévenance des soins, l’apaisement des souffrances, la protection des plus faibles, le mystère intime du dernier souffle, savent que la politique a le pouvoir de changer la loi, mais pas celui de profaner le sanctuaire de la conscience.
par Institut Thomas More 27 juin 2026
Dans un rapport inédit, l’Institut Thomas More dresse l’inventaire des décisions politiques qui ont mis la France à genoux pendant ces 50 dernières années. Chute du niveau scolaire, 35 heures, système de retraite, chômage, déficits, dette, insécurité… Autant d'occasions ratées pour maintenir la France sur le chemin de la prospérité !  "Notre ambition, dans ce rapport, est d’identifier les cinquante décisions qui ont mis la France à genoux en cinquante ans, de les replacer dans leur contexte, d’expliquer les motivations de fond ou les choix opportunistes qui ont abouti à ce qu’elles soient prises, de décrire et chiffrer leur impact et leurs effets cumulatifs, les comparer aussi aux options prises par des pays semblables. Ce travail inédit n’a jamais été réalisé de cette manière : il constitue une somme considérable. Les données citées, les sources et les conséquences mesurées sont issues de statistiques et de rapports publics et parfois privés, incontestables. Il se veut et nous l’avons pensé ainsi, d’intérêt général. Car dans la perspective de 2027, il constitue un préalable à l’élaboration de tout programme crédible. Au regard de la gravité de sa situation, il est impossible de penser redresser le pays sans analyser objectivement les causes" https://institut-thomas-more.org/2026/06/25/rapport36/
par Jean-Marie Montali 10 juin 2026
"Emmanuel Razavi vit sous protection policière. Nora Bussigny est régulièrement la cible de menaces et de campagnes de haine. D’autres parmi nous vivent la même chose. Leur point commun ? Avoir enquêté sur l’islamisme, ses réseaux, l’antisémitisme contemporain ou encore les dérives de la dictature iranienne. Face aux intimidations, aux menaces de mort et aux tentatives de censure, le plus inquiétant n’est peut-être pas la violence des fanatiques. Le plus inquiétant est le silence. Celui d’une partie du monde médiatique, intellectuel et politique, qui semble avoir renoncé à défendre des principes qu’il prétend pourtant universels ." Jean-Marie Montali (né en 1962) est un journaliste français spécialisé en presse écrite , auteur de plusieurs ouvrages et réalisateur de documentaires pour la télévision . Grand reporter , il a occupé divers postes de direction, notamment rédacteur en chef , directeur adjoint et directeur exécutif de la rédaction au Figaro Magazine , directeur adjoint de la rédaction de France-Soir , et directeur adjoint des rédactions du Parisien – Aujourd'hui en France . Dans La Nouvelle Revue Politique, il s'insurge contre une étrange hiérarchie de l’indignation ... https://nouvellerevuepolitique.fr/journalistes-le-silence-qui-deshonore/