Par la voix d'Eric Lombard, le ministre de l’économie, Bpifrance annonçait la semaine dernière vouloir collecter 450 millions d’euros auprès des Français pour les entreprises de défense, et la création à cette fin d’un fonds baptisé « Bpifrance Défense », réservé aux particuliers et destiné à la défense et à la cybersécurité.
Voyons le côté positif des choses : les Français vont peut-être enfin découvrir ce qu'est le private equity et ses bienfaits ! Sur la période 2013/2023, les rendements du private equity français ont été de l'ordre de 13% brut. Quelqu'un qui aurait investi 500 € en France dans cette classe d'actifs aurait aujourd'hui un capital net de frais d'environ 1000 €. Sur le papier, cet investissement a donc tout pour plaire avec des entreprises qui existent déjà et qui sont souvent bien implantées, un marché a priori florissant dans les années à venir et a priori une montagne de commandes à venir. Mais comme cela est répété pour toute publicité pour un placement financier : " Les performances passées ne préjugent pas des performances futures ". Car dans ce cas de figure en particulier, il y a des hics et pas des moindres ... Le problème essentiel n'est pas l'investissement ! Il y a énormément d'épargne et de trésorerie sur le marché actuellement. Le problème essentiel c'est qu'il faut des commandes sur le long terme. Or ces commandes publiques annoncées par les pays européens seront-elles encore là dans cinq ans ?
Il faut souligner plusieurs aspects sur le risque qui porte sur ces commandes publiques en particulier pour la France :
1. Chaque pays européen va investir en fonction de deux logiques :
- diplomatique : certains continueront à acheter du matériel américain quoi qu'il arrive
- industrielle : les commandes seront soumises à des impératifs nationaux pour soutenir l’industrie locale.
On peut donc toujours mettre en avant les investissements prévus pour l'ensemble de l'Europe, l'essentiel des retombées pour l'industrie française seront essentiellement issues de la politique nationale et pas seulement européenne ...
2. Quelle confiance peut-on avoir dans les annonces d'aujourd'hui ? L'Europe a toujours été une vraie girouette sur les sujets relatifs à la défense européenne, à la fois en termes de stratégie et d'investissement.
Encore aujourd'hui, un label ESG dans ce domaine est, de fait, quasi impossible (aux côtés de l’alcool, du tabac et des jeux d’argent ...).
Même la France qui a pourtant fait partie des bons élèves en termes d'investissement dans le domaine de la défense n'a pas toujours fait preuve d'une réelle constance (en particulier sous Hollande).
Au lendemain d'un inéluctable traité de paix signé entre l'Ukraine et la Russie dans l'année à venir, ou après un hypothétique effondrement du régime russe dont ils rêvent tous, l'hystérie collective de nos dirigeants européens sera-t-elle encore d'actualité ?
3. Acheter des chars est un investissement qui trouvera toujours des détracteurs acharnés dans notre société. Bien malin est celui capable aujourd'hui de nous dire qui sera au pouvoir en France en 2030 à l'échéance de ce fond d'investissement.
4. Comment la France compte tenu de son endettement pourra-t-elle financer ces investissements ? Compte tenu de notre niveau d'endettement, il faudra soit augmenter la fiscalité (mais nous sommes déjà champion du monde ce qui plombe nos entreprises), soit trouver des arbitrages au détriment d'autres dépenses ... Mais quels sont les arbitrages que les français accepteront : la justice ? l'éducation ? La santé ? Je ne vous parle même pas des retraites ! Certains sondages montrent qu'une majorité de Français (et j'en fais partie) est favorable aujourd'hui à cette politique de réarmement ... Mais dès que le même sondage pose des questions sur les moyens de financer cette politique, d'ores et déjà, cette majorité s'effondre. Qu'en sera t'il dans deux ou trois ans ?
La France fait déjà aujourd'hui face à un mur de la dette absolument vertigineux ( la question n'est pas son existence mais la distance à laquelle il se trouve et le temps qu'il nous reste avant qu'on se le prenne en pleine figure) et une incapacité depuis 50 ans à apporter la moindre réforme à son modèle social. Comment peut on considérer sérieusement les annonces d'augmentation du budget français de la défense de plusieurs dizaines de milliards d'euros ?
Bref, ce type de financement peut éventuellement être une poule aux œufs d'or. Il présente aussi des risques intrinsèques majeurs ! Et il faudra regarder en détail l'offre qui sera faite et analyser de manière très prudente les engagements sur les commandes à venir. Mais il est fort à craindre que dans la précipitation, nous soyons en train de mettre la charrue avant les bœufs pour participer au développement de nos entreprises !
La Cour des comptes estime que le dispositif, qui coûte 15 milliards par an, n'est pas un tremplin vers l'emploi.
L'évaluation est sévère. Instauré il y a plus de dix ans, le revenu de solidarité active (RSA) n'a pas réussi à jouer son rôle de tremplin vers un emploi alors même que son coût total pour l'État se chiffre à pas moins de 15 milliards d'euros par an. Un échec qui compromet « la promesse centrale du dispositif de faire des revenus du travail le principal rempart contre la pauvreté » , déplore la Cour des comptes dans un rapport publié jeudi et qui constitue la première évaluation de ce dispositif depuis son instauration, il y a plus de dix ans. Pire, les sages de la rue Cambon avertissent qu' « à défaut d'un engagement fort de l'ensemble des acteurs, le RSA risque d'évoluer, pour un nombre croissant de personnes, vers une simple allocation de survie, marquant l'échec des ambitions affichées en 2008 lors de sa création ».
Créé durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy pour se substituer au revenu minimum d'insertion (RMI), le RSA a certes eu « deux mérites majeurs » , nuance le président de la Cour des comptes, Pierre Moscovici. Première avancée : le dispositif, qui concerne quelque 2 millions de foyers, permet de lutter contre la « grande pauvreté » en procurant aux bénéficiaires une rémunération minimale. La cour souligne néanmoins que 46% d'entre eux vivent toujours sous le seuil de pauvreté monétaire (60% du revenu médian, soit 1 063 euros par mois pour une personne célibataire), et que seulement 70% des personnes ciblées ont réellement recours à l'allocation, « ce qui laisse subsister des situations de précarité et d'exclusion ».
Quant à l'autre effet positif, les sages constatent que le RSA incite davantage que le RMI à reprendre une activité au lieu de renoncer au travail. Le dispositif prévoit que lorsqu'un bénéficiaire trouve un emploi, une partie seulement des revenus générés soit déduit de son allocation RSA. Avec ce « mécanisme d'intéressement » , qui constitue « l'innovation majeure » du RSA, un bénéficiaire a ainsi intérêt à travailler dans la plupart des situations car il gagnera davantage que s'il n'a pas d'activité.
Seulement voilà, en dépit de cette incitation au retour au travail, l'accès des allocataires à un emploi reste toujours « très difficile » , fustigent les sages. Les chiffres sont, sur ce point fondamental, accablants. Le taux de retour à une activité professionnelle des personnes touchant le RSA est inférieur à la moyenne des demandeurs d'emploi. En outre, sept ans après être sortis du RSA, 34% des bénéficiaires seulement ont trouvé activité professionnelle et 11% ont décroché un emploi stable.
À rebours de l'idée de palier vers l'emploi mise en avant lors de sa création, le RSA est d'abord, et de plus en plus, vu par ses bénéficiaires et par ceux qui les accompagnent comme un revenu minimum
La Cour des comptes.
En clair, « la promesse du RSA n'est pas tenue pour les deux tiers de ses bénéficiaires » , constate la Cour des comptes. Sans compter qu'un certain nombre d'anciens allocataires reviennent au RSA après en être sortis. « À rebours de l'idée de palier vers l'emploi mise en avant lors de sa création, le RSA est d'abord, et de plus en plus, vu par ses bénéficiaires et par ceux qui les accompagnent comme un revenu minimum » , constate la Cour des comptes.
L'institution se montre en particulier virulente sur l'accompagnement des allocataires, effectué par Pôle emploi ou les départements, qui comporte des « dysfonctionnements majeurs » et de « graves lacunes » avec, notamment, de trop faibles actions d'insertion professionnelle. Plus alarmant encore, 40 % des allocataires ne disposent pas d'un contrat d'accompagnement, qui est pourtant obligatoire.
« L'accompagnement est la première composante du RSA qui doit être améliorée », estime Pierre Moscovici. Et pas question de rallonger encore plus la facture qui pèse déjà très lourd sur les finances de l'État. « lI il y a un certain nombre de faiblesses identifiées. La hausse des dépenses publiques n'est pas le premier levier à activer » , insiste par ailleurs le président.
Dans leurs recommandations, les sages proposent, notamment, de s'attaquer à la qualité de l'orientation des bénéficiaires en procédant à des diagnostics plus complets et en améliorant le suivi des parcours ou encore de mieux cibler les actions d'insertion professionnelle. Autant dire un vaste programme…
Voilà qui donne en tout cas de quoi réfléchir, alors qu'Emmanuel Macron remet sur la table, à moins de trois mois de l'élection présidentielle, l'idée d'une fusion du RSA, de la prime d'activité et des APL (logement), qui sont très complexes et peu lisibles. En 2019, le gouvernement avait d'ailleurs lancé le projet, arrêté depuis, de fusionner toutes les aides sociales en créant un revenu universel d'activité (RUA).
"Jean-Pierre Farandou, le pdg de la
SNCF
a déclaré : « C’est le moment de réinventer le modèle TGV. »
La situation de la SNCF n’est pas brillante : des grèves à répétition, 14 milliards d’euros par an de subventions payées par les contribuables, une dette gigantesque , dont 63 % repris par les contribuables (soit 2200 euros pour chaque contribuable à l’impôt sur le revenu), des retards fréquents, des TER remplis à 25 %, etc. Pourquoi Jean-Pierre Farandou ne réinventerait-il pas la SNCF, en s’inspirant de l’exemple du Japon, de l’Italie, du Royaume-Uni ?"